L’assurance vie : un produit chéri des français

1) L’assurance vie : qu’est ce que c’est ?

Avant tout, rappelons ce qu’est précisément l’assurance-vie : elle correspond à un placement financier qui offre au souscripteur la possibilité d’épargner de l’argent afin de le transmettre à un bénéficiaire lorsque surviennent deux événements : la vie ou le décès. Le bénéficiaire en cas de vie est généralement le souscripteur lui-même et le bénéficiaire en cas de mort du souscripteur est un ou plusieurs proches de l’assuré.

Comme tous les placements financiers, l’assurance-vie rapporte de l’argent à l’assuré, car, ce qu’il investit dans son contrat en euros ou en unité de compte est ensuite investi dans des actifs financiers qui généreront des bénéfices. Avec un rendement compris entre 2% pour les contrats en euros et 4% pour les contrats en unités de compte, ce placement est un des préférés des Français car un des plus lucratifs.

2) L’avis des français sur l’assurance vie

Un sondage OpinionWay réalisé fin décembre 2016 concernant “les Français face à leur épargne” sur demande de la Faider (fédération d’épargnants qui regroupe une douzaine d’associations d’épargnants soit 1.5 million de personnes), a montré que l’assurance-vie est un produit financier chéri par les Français.

En effet, sur les plus de 1000 individus de plus de 25 ans interrogés, 50% déclarent posséder une assurance-vie, 40% un plan d’épargne logement et 24% un plan d’épargne en action. Seul le livret d’épargne (A, LDD ou Codevi) est plus populaire que l’assurance-vie puisqu’il est détenu par 83% des personnes interrogées.

Les raisons de l’engouement des Français pour l’assurance-vie sont les suivantes :

  1. La rentabilité qui est présentée par 84% des interrogés comme un atout indéniable du placement financier
  2. La disponibilité de l’épargne, mise en avant par 83% des interrogés. En effet, l’assurance-vie est un placement très liquide puisqu’il est possible à l’assuré de retirer de l’argent à tout moment : rachat partiel, rachats partiels programmés, avance. De plus, il est possible de clôturer un contrat avant qu’il n’arrive à échéance grâce à un rachat total.
  3. La garantie du capital du fonds en euros, mise en avant par 80% des sondés. Le fond en euros, un des supports d’investissement possible pour l’assurance-vie (avec le contrat en unité de compte), comporte en effet la garantie du capital investi et des intérêts accumulés au cours du temps. Cela signifie que l’assureur doit être en mesure à tout moment de rembourser à l’assuré qui le demande son capital ainsi que les intérêts qu’il a accumulés au cours du temps.
  4. La fiscalité du produit, mise en avant par 79% des sondés. En effet, il existe des exonérations d’impôts plus ou moins importantes pour les produits issus de l’assurance-vie lorsque le contrat a plus de huit ans. ou en cas de succession.
  5. La facilité de transmission, mise en avant par 75% des sondés.

Les inquiétudes des français concernant l’assurance vie

Des inquiétudes concernant ce placement financier

Toutefois, des inquiétudes commencent à naître concernant l’assurance-vie.

1) Inquiétudes concernant la fiscalité

Premièrement, les mesures de fiscalisation de l’assurance-vie qui se renforcent et se complexifient au cours du temps, inquiétant les français. Ainsi, 74% des enquêtés déclarent craindre l’évolution des mesures fiscales.

Cela n’est pas étonnant puisque les mesures fiscales établies au cours du temps évoluent dans le sens contraire aux intérêts des épargnants. Par exemple, avant 1998 les contrats de plus de huit ans voyaient leurs produits exonérés d’impôts. Ce n’est plus le cas aujourd’hui puisque les produits issus des contrats de plus de huit ans sont soumis à l’impôt sur le revenu ou à la taxation forfaitaire de 7.5% (sur demande de l’assuré) après un abattement de 4600 euros par personnes.

2) Inquiétudes concernant les mesures de réglementation de l’assurance vie

En plus des mesures fiscales toujours plus pesantes, les épargnants s’inquiètent des nouvelles mesures réglementant l’assurance vie et notamment de celles votées dans le cadre de la loi Sapin 2.

Ainsi, parmi les 44% de sondés qui ont entendu parler de cette mesure près de 67% la juge défavorable.

Ce point mérite toutefois d’être éclairci car les mesures mises en place par la loi Sapin 2 ont une application limitée à des situations d’exception et ont pour but d’assurer la situation des épargnants dans ces situations graves.

La loi Sapin 2 prévoit :

  • Que le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) aura le pouvoir de suspendre, retarder ou limiter les nouveaux versements ou les retraits de fonds sur une période maximum de six mois et seulement en cas de “risques représentant une menace grave et caractérisée pour la stabilité du système financier”.
  • Que le HCSF puisse obliger les assureurs à placer d’avantage de fonds en réserve si nécessaire

Ces mesures, loin de porter préjudice aux épargnants, ont pour but de protéger leur capital en cas de crise financière. En effet, les actifs de l’assurance-vie sont majoritairement des obligations d’état dont les taux d’intérêt sont historiquement bas voir même négatif. Pourtant, le rendement de l’assurance-vie reste très élevé, ce qui s’explique par le fait que les assurances puisent dans leur réserve de précaution.

Ainsi, en cas de retournement brutal des taux d’intérêt, les obligations perdraient de la valeur (car les taux d’intérêt des obligations d’état et le prix de ces obligations évoluent en sens contraire);

ce qui pousserait les épargnants à retirer leurs économies pour se tourner vers des placements plus rentables. Mais puisque les assurances gardent trop peu en réserve, elles auraient du mal à rembourser tous les épargnants.

La suspension des versements et retraits de fonds ainsi que l’obligation pour les assureurs de placer d’avantage de fonds en réserve éviteront des situations de retraits massifs pouvant conduire à la faillite de l’assurance et la perte d’argent pour les épargnants.

3) Des inquiétudes face à l’incertitude des élections présidentielles

Enfin, une dernière source d’inquiétude pour les épargnants est le fait qu’aucun des candidats à la présidentielle de 2017 n’aient exprimé ses idées concernant l’épargne et l’assurance-vie.

Puisque l’élection à venir est très incertaine et que les programmes des candidats sur l’assurance-vie ne sont pas connus, ce placement devient incertain et source d’inquiétude pour les Français.