L’assurance-vie fait preuve d’une influence tenace auprès des épargnants en 2018. Avec une collecte qui s’est montée à 2,2 milliards d’euros en janvier et 1,7 milliard d’euro le mois suivant, on peut dire que ce support de placement a entamé l’année sur de bonnes bases.

Malgré donc un tableau qui s’est légèrement assombri au cours des dernières années avec l’effritement du rendement des fonds en euros, les statistiques fournies en début d’année rapportent un succès sans précédent.

Une collecte positive sur les deux premiers mois

Si depuis quelques années, le contrat d’assurance-vie a connu de multiples dérives, la situation présente semble s’exposer à des jours meilleurs. La baisse de la rémunération des fonds en euros et les réformes fiscales instituées en 2017 n’auraient décidément pas affecté l’attractivité de ce placement.

Assurance vie collecte 2018Les épargnants qui se prêtent à une prise de risque croissante, sont de plus en plus nombreux à souscrire. Cela a permis de rapporter 1,7 milliard d’euros en collecte, rien qu’au mois de février. Pourtant, selon les chiffres publiés par la Fédération Française de l’Assurance (FFA), la collecte nette d’il y a un an représentait un peu moins du quart de ce chiffre, soit à peu près 400 millions d’euros.

L’écart est autant flagrant si on se réfère au mois de janvier. Pour une collecte de 2,2 milliard d’euros en tout début d’année, le résultat sur la même période en 2017 se réduisait au quart. On note donc une évolution notable au cours des deux premiers mois avec presque 4 milliards d’euros collectés, alors que 2017 n’avait totalisé que 7 milliards d’euros sur l’ensemble de l’exercice.

Un placement toujours performant

Les éléments qui ont alimenté ce bilan très positif justifient clairement la performance des sociétés d’assurance. Au niveau des cotisations, le mois de février a engrangé un total de 11,3 milliards d’euros. Les prestations versées associées s’élèvent à 9,6 milliards d’euros. L’année précédente, les cotisations encaissées avoisinaient les 10,9 milliards d’euros tandis que les prestations s’affichaient à 10,4 milliards d’euros.

Au mois de janvier, la collecte brute renoue avec son niveau d’il y a trois ans (13,3 milliards d’euros en 2018 et 13,7 milliards d’euros en 2015). Les prestations, quant à elles, sont restées égales à elles-mêmes avec 10,8 milliards d’euros versés en 2017 et en 2018.

A première vue, les prestations versées ont diminué d’une année sur l’autre alors que les cotisations collectées sont en hausse. Il en résulte cependant une collecte nette en progression (d’après les chiffres cités précédemment). De même, les encours totaux ont affiché une progression de 3% sur un an, soit 1.681 milliards d’euros à fin février 2018.

31% des cotisations proviennent des UC

Les épargnants ont compris qu’il ne fallait pas compter sur les fonds euros pour doper leur gain. A plus d’un titre, la rémunération de ces supports se heurte à une baisse continuelle depuis deux ans (1,9% en 2016 à 1,80% pour 2017). La tendance pour cette année devrait d’autant plus s’inscrire dans ce même mouvement avec une baisse de quelques dizaines de centimes et un taux attendu à 1,40%.

En revanche, les supports en unités de compte (UC) qui sont nettement exposés aux turpitudes des marchés boursiers, sont plus valorisants sur le long terme. Les épargnants qui sont davantage appétents aux risques préfèrent donc se tourner vers ces supports en espérant y gagner plus. A titre d’information, le montant du fonds versé dans les UC se chiffre à 3,5 milliards d’euros en février, soit 31% des cotisations globales. Ce niveau est très légèrement en hausse par rapport à janvier qui enregistre une proportion de 30,5%.

De leur côté, les sociétés d’assurance profitent de la situation pour renforcer les mesures qu’elles ont déjà avancées. Celles-ci se rapportent notamment à la réorientation progressive de la collecte vers les supports en UC pour deux raisons précises. La première est celle qui est liée aux événements suscités. La seconde reprend l’intérêt des assureurs souhaitant limiter les capitaux à immobiliser, et donc rehausser la rémunération par leur intermédiaire contrairement aux fonds euros qui doivent préserver la garantie du capital.